Recommandations d’utilisation des mangeoires

Quelques idées de positionnement

Où placer un pèse-mésange ? En dehors de la contrainte de la couverture WiFi pour la transmission de données, il reste pas mal de choix. Rappelez-vous que la mangeoire va prendre des vidéos: évitez-donc le contre-jour direct. Ensuite, il est nécessaire que la mangeoire soit hors du sol et environ à 1.30-2m de hauteur: cela réduit les dangers liés à la prédation (dont les chats, voir ci-dessous), et accessoirement cela permet de ne pas se casser le dos quand on remet des graines. En dehors de ces recommandations, il n’y pas de règles, mais gardez en tête les oiseaux apprécieront le plus souvent d’avoir un buisson ou une branche d’arbre à proximité: cela leur permettra de s’y cacher pour manger leur butin.

Quelques idées d’installation en images sont commentées ci-dessous, n’hésitez-pas à vous en inspirer (et à donner votre exemple ou avis en commentaire !).

Ici, la mangeoire est fixée sur une planche à ~ 1.50 m de hauteur. En plus d’être un peu plus sûre pour les oiseaux (voir ci-dessous), le système de la planche permet d’avoir des vidéos sympa ou les oiseaux « attendent leur tour » avant d’accéder à la mangeoire.
Un exemple de montage sur la fourche d’un arbre. Lors de ce genre de montage, il nécessaire de s’assurer que les chats ne peuvent accéder la mangeoire ! Un « stop-chat » placé sur l’arbre peut être utile.

Nourriture

Que mettre comme nourriture dans la mangeoire ? Les pèse-mésanges ayant un bac en plastique, on y met un peu ce que l’on veut. Un grand classique des mangeoire est le tournesol qui est assez consensuel. On peut en acheter partout en jardinerie, mais on pourra préférer les coopératives agricoles qui en vendent souvent à meilleur prix. Pas besoin forcément d’en acheter du pré-décortiqué, les oiseaux sont tout à fait capable d’ouvrir les graines (voire même particulièrement doués pour ça). Par contre, cela fera peut être moins de coquilles sur le sol autour de la mangeoire.

Le problème du tournesol, c’est sa tendance à partir très vite quand la mangeoire est très active. Un bon complément, c’est la boule de graisse qui elle a tendance à durer un peu plus longtemps. Certains oiseaux sont d’ailleurs assez friand de la graisse, voire seulement intéressés par ça (e.g. Rouge-gorges). Une boule de graisse sur un lit de tournesol, c’est un bon combo pas trop cher et qui fait plaisir à tout le monde. Evitez les mélanges de graines pour oiseaux domestique, qui sont souvent très chers (les mélanges de graines pour oiseaux sauvages de mangeoire seraient cependant à tester).

Enfin, les noix/noisettes sont particulièrement appréciées par les pics. Si il vous en reste un fond que personne ne mange, ils se feront un plaisir de vous en délester !

Sécurité des oiseaux et santé

Les oiseaux aussi tombent malades ! Au delà des maladies très médiatiques mais finalement très peu observées comme la grippe aviaire, les oiseaux attrapent d’autres maladies plus communes, mais tout aussi handicapantes ou mortelles. Un exemple classique est la poxvirose ou variole aviaire, qui peut provoquer des excroissances spectaculaires, notamment chez les mésanges. Pour en savoir un peu plus sur les symptômes de diverses maladies aviaires, une bonne référence est l’album photo (en anglais) du du Garden Wildlife Health association.

Rassurez-vous, ces cas restent relativement rares chez les oiseaux et ne sont pas transmissibles à l’homme. Dans l’ensemble, les oiseaux bénéficient énormément de l’apport de nourriture l’hiver. Les études scientifique sur le sujet suggèrent que si les mangeoires peuvent contribuer à une légère augmentation de la présence de maladies chez les oiseaux, ces mêmes oiseaux sont en général en bien meilleure santé (hors épidémie aviaire de grande ampleur, voir ci-dessous). Bien que nos connaissances sur l’impact du nourrissage des oiseaux reste parcellaire, certaines méthodes simples permettent de réduire le risque de propagation de maladies. Les recommandations suivantes sont issues du communiqué de l’Office Française de la Biodiversité (voir ici et ici):

  • Assurez-vous à tout moment que les parties de la mangeoire en contact avec les oiseaux (comme le perchoir) sont propres et dépourvues de fientes ou autres résidus. Le bac à graine (en plastique), fourni avec la mangeoire peut être enlevé et nettoyé. Si votre pèse-mésange est placé sur un plateau, assurez-vous que le plateau soit propre. On peut gratter le bois avec un brosse dure pour évacuer tout résidu, et éventuellement désinfecter au savon et/ou à l’eau de javel diluée (attention au perchoir de la mangeoire pendant le nettoyage, qui est rattaché à un capteur de poids très sensible !).
  • Utilisez de la nourriture de bonne qualité. Certaines associations naturalistes comme la LPO Isère permettent à leurs adhérents de commander des sacs de graines de tournesol bio de ~20kg pour le nourrissage des oiseaux l’hiver, à des prix intéressants. A noter qu’en France, la plupart des aliments fournis en jardinerie conviennent (parfois à un prix astronomique – préférer les coopératives agricoles pour l’achat de graines). Même si la nourriture est de qualité, il est important de s’assurer qu’elle ne moisisse pas, ni dans son sac de stockage, ni dans la mangeoire elle-même. Les graines doivent être sèches à tout moment, et un pèse-mésange bien actif devrait voir tout son stock de graines disparaître en un ou deux jours.

Enfin, comme après tout travail avec des animaux sauvages ou domestiques, il est également chaudement recommandé de vous laver les mains après avoir manipulé une mangeoire.

Epidémies et nourrissage au printemps

Si les oiseaux bénéficient largement du nourrissage en hiver, le printemps est plus propice à la propagation de maladies à cause de l’augmentation de la température et de l’humidité. Concentrer les oiseaux autour des mangeoires au printemps, c’est donc les exposer potentiellement à ces épidémies, qui peuvent être de grande ampleur. Par exemple, en dix ans, la population de Verdiers en Grande-Bretagne à diminué de moitié a cause d’une maladie (la Trichomonose) qui se transmet aux mangeoires (voir aussi ici).

Pour cette raison, on considère que le risque de maladie au printemps dépasse le potentiel intérêt du nourrissage, et il est donc officiellement recommandé d’arrêter le nourrissage des oiseaux au printemps (courant Avril).

Un communiqué de presse de l’OFB et du Muséum d’histoire naturel de Paris rassemble ces informations.

Sécurité et prédateurs

Les chats

Les chats sont malheureusement connus pour être des prédateurs sans pitié des oiseaux ! Une étude réalisée aux États-Unis estime qu’ils tueraient chaque année 1,3 à 4 milliards d’oiseaux par an ! (les deux tiers attribués à des chats sans propriétaires). L’idéal, lorsque l’on a une mangeoire au jardin est donc qu’il n’y ait pas de chat dans le voisinage. Mais que faire si c’est le cas ?

Une première mesure est de ne pas laisser sortir son chat en hiver (si le danger vient du vôtre), ou le laisser sortir moins régulièrement. Cela limitera drastiquement les opportunités de chasse. On peut également rajouter au collier du chat une petite clochette qui permettra aux oiseaux d’être avertis de la présence d’un prédateur à proximité.

Le placement de la mangeoire est également primordial. En la plaçant à plus de trois mètres de tout buisson, on peut fortement augmenter la visibilité d’un chat qui souhaiterait chasser à une mangeoire, et permettre donc aux oiseaux de décamper à temps ! De la même manière, en plaçant la mangeoire sur un plateau placé à au moins un mètre cinquante du sol, on peut fortement réduire l’exposition des oiseaux qui viendront moins se poser au sol.

Un montage intéressant: la mangeoire est vissée sur un plateau situé à ~1,50 mètre de hauteur. Le plateau faisant un rebord infranchissable pour les chats, les oiseaux peuvent s’y poser avec un risque réduit. Les graines qui tombent de la mangeoire atterrissent sur le plateau, et non au sol, ce qui encourage également les oiseaux à rester dans une zone plus sûre.

Certains dispositifs peuvent se montrer également utile pour protéger les mangeoires des chats.

Les autres prédateurs

Il est possible que d’autres prédateurs soient attirés par l’activité autour des mangeoires. Par exemple, les éperviers sont des prédateurs assez communs dans les jardins (eux n’ont cependant pas des croquettes qui les attendent le soir comme les chats). Pour mieux protéger les petits oiseaux, une possibilité est de placer la mangeoire à proximité (1-3m) d’une branche d’arbre (inaccessible aux chats!): cela permettra aux oiseaux de réduire leur temps d’exposition dans des zones plus ouvertes, où les éperviers chassent plus facilement.

Références

Lawson, Becki, et al. 2018. “Health Hazards to Wild Birds and Risk Factors Associated with Anthropogenic Food Provisioning.” Philosophical Transactions of the Royal Society B: Biological Sciences 373 (1745): 20170091. https://doi.org/10.1098/rstb.2017.0091.

Communiqué de presse OFB/MNHN. Risques et recommandations sanitaires associés au nourrissage des oiseaux des jardins. http://www.oncfs.gouv.fr/IMG/pdf/CP_risques-recommandations-nourrissage-oiseaux-_jardin.pdf

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